Compléments alimentaires américains
 

Quelques informations de base sur le marché américain des compléments alimentaires à l’intention des personnes intéressées résidant à l’étranger

 

D’une pratique restrictive…

Ceux qui louent aujourd’hui l’ordre libéral en vigueur aux Etats-Unis dans le domaine des compléments alimentaires et des produits de santé à base de plantes et citent ce système en exemple doivent savoir que ce système n’a pas
toujours existé. Bien au contraire : longtemps, les Etats-Unis ont adopté une législation très restrictive sur le respect de laquelle la "National Food and Drug Administration FDA" veillait avec une vigilance à toute épreuve. De nombreux Américains jetaient de ce fait des regards envieux vers l’Europe, vers l’Ancien monde où de nombreux Etats suivaient une pratique plutôt libérale dans ce domaine et où il était dès lors possible d’obtenir des produits dits phyto (c'est-à-dire à base de plantes) en tant que compléments alimentaires.

 La situation changea en 1994, lorsque le Congrès américain, agissant sous la pression d’organisations de consommateurs,  mit en vigueur le "Dietary Supplement Health and Education Act (DSHEA)". Cette loi éliminait toutes les anciennes barrières dans le domaine des compléments alimentaires et des phytoproduits propices à la santé, qui consistaient pour l’essentiel à soumettre tout nouveau produit à une procédure de contrôle extrêmement fastidieuse et à exiger l’homologation par la FDA avant de pouvoir être commercialisé sur le marché américain.

 La plupart des entreprises pharmaceutiques n’étaient pas prêtes à se soumettre à cette procédure longue et onéreuse pour des produits qui ne pouvaient être brevetés et qui n’offraient de ce fait que peu de chances d’amortir rapidement les frais de la procédure de contrôle. Par la même occasion, les frais de production auraient augmenté dans des proportions considérables, ce qui aurait probablement eu pour conséquence que les produits à base de plantes auraient été plus chers que les produits chimiques, dès lors qu’il est souvent sensiblement moins cher de synthétiser une substance plutôt que de l’extraire laborieusement de plantes.

 C’est la raison pour laquelle il n’était pas possible, avant 1994, d’acheter de nombreux compléments alimentaires et produits de santé à base de plantes. La nouvelle loi permit une homologation fortement simplifiée pour de tels produits : en principe il suffit aujourd’hui de produire une simple preuve  d’innocuité sur la base de monographies scientifiques existantes et une déclaration conforme à la loi sur les emballages. Parallèlement, le législateur introduisit la disposition que de tels produits seraient en vente libre non seulement dans les pharmacies et dans les drogueries, mais aussi dans les supermarchés

... vers un marché libéralisé des compléments alimentaires

Par ailleurs, la loi autorise la référence aux bienfaits pour la santé des produits tant dans la publicité que sur les emballages, pour autant que la preuve scientifique en ait été apportée. En l’absence de telles preuves, les produits doivent porter la mention que l’effet n’a pas été contrôlé par la FDA.  Ce produit ne peut donc pas non plus être proposé pour le diagnostic, le traitement, la guérison ou la prévention de maladies.  On trouvera donc les indications suivantes sur l’emballage de nombreux compléments alimentaires : "This statement has not been evaluated by the FDA" et "This product is not intended to diagnose, treat, cure or prevent any disease".

 Avec l’entrée en vigueur de la DSHEA, la charge de la preuve est passée du fabricant à la FDA  : s’il y a présomption qu’un agent actif connu peut entraîner des effets secondaires indésirables, il n’incombe pas au fabricant – comme dans le cas d’un médicament – d’apporter la preuve de son innocuité, mais c’est à la FDA de documenter ses appréhensions contre les produits concernés en apportant des résultats d’analyses correspondants.

Il ne faut cependant pas imaginer que les producteurs de compléments alimentaires peuvent inonder à loisir le marché avec des produits non contrôlés. Au contraire : la FDA contrôle les sites de production sur le plan de l’hygiène et de la pureté déclarée des produits, selon les mêmes critères d’ailleurs que ceux qu’elle applique aux entreprises de production alimentaires. La FDA examine et étudie les indications émanant de consommateurs ou de tiers concernant des déclarations illicites ou une qualité insuffisante du produit. Le régime de contrôle strict applicable aux médicaments n’a cependant pas cours pour les compléments alimentaires.

La nouvelle loi exerce des effets globalement très positifs pour les consommateurs désireux d’améliorer leur état physique au moyen de compléments alimentaires, de compenser spécifiquement d’éventuelles carences alimentaires ou tout simplement de s’assurer un apport équilibré en microaliments. D’une part, elle a donné lieu à un éventail complet de produits favorables à la santé : en l’espace de deux ans, le marché américain a ainsi vu arriver pas moins de 20'000 produits, déclarés compléments alimentaires au terme de la DSHEA  – et l’approvisionnement continue de grossir régulièrement.

 

 

Exclusion de responsabilité / Disclaimer

Les informations contenues dans ce document ont un but exclusivement informatif et éducatif. Elles n’ont aucune visée diagnostique ou thérapeutique. Adressez-vous à votre médecin ou pharmacien si vous souffrez de  maladies ou de carences ou si vous désirez vous renseigner sur des aspects spécifiques thérapeutiques ou préventifs des compléments alimentaires.

go back!